L’opération « Ostréa », dispositif majeur de surveillance des parcs ostréicoles, a été relancée le 26 novembre 2025 à Sarzeau (Morbihan), au cœur d’une région qui représente près de 20 % de la production nationale d’huîtres. Sous l’autorité de la colonelle Marie-Laure Pezant, commandante du groupement de gendarmerie du Morbihan, et du commandant de la compagnie de Vannes Fabien Dutartre, cette opération vise à protéger une filière particulièrement vulnérable durant les fêtes, période où les volumes en transit et la valeur des cargaisons augmentent considérablement.
Un parc très riche en mollusques
Le Morbihan dispose de 4 000 hectares de parcs et produit entre 15 000 et 20 000 tonnes d’huîtres par an sur les quelque 100 000 tonnes françaises. À l’approche de décembre, les flux s’intensifient : plusieurs dizaines de tonnes partent en Charente-Maritime pour la vente de gros, tandis que les expéditions directes en bourriches démarrent traditionnellement à partir de la première semaine du mois. Cette concentration d’activité attire inévitablement les convoitises.
Bien que relativement faibles, les vols restent une réalité. En 2024, la communauté de brigades de Theix-Noyalo avait recensé 250 kg d’huîtres dérobées par petites quantités. Si ce chiffre peut sembler modéré, il reflète surtout l’efficacité du dispositif « Ostréa », mis en place depuis 2009 et progressivement renforcé. Il combine un ensemble inédit de moyens : patrouilles terrestres, brigade équestre, équipes cynophiles de Rennes, gendarmerie maritime placée sous l’autorité de la Marine nationale, et même un hélicoptère assurant une vision globale des parcs. À cela s’ajoutent les forces locales, dont la police municipale de Sarzeau, ainsi que l’intervention ponctuelle du PSIG de Vannes.
La surveillance s’intensifie surtout la nuit et à marée basse, moments où les contrôles sont les plus efficaces. L’an dernier, entre trois et quatre opérations hebdomadaires avaient été menées ; la tendance devrait cette année se situer autour de deux à trois interventions par semaine, toujours de manière aléatoire pour éviter toute routine exploitable par d’éventuels voleurs. « Sur la mer, personne ne peut se cacher », rappellent les gendarmes, soulignant la complémentarité entre vision aérienne et surveillance en mer.
De nombreuses autres régions touchées
Si les ostréiculteurs du secteur, comme Marina Le Thiec des Viviers du Ruault, affirment n’avoir jamais subi de vol, c’est largement grâce à ce maillage sécuritaire. Mais le Morbihan n’est pas un cas isolé : ces vols touchent aussi de nombreuses autres régions ostréicoles françaises, notamment les bassins de Marennes-Oléron, d’Arcachon ou de Normandie. Face à une filière qui mobilise 342 entreprises rien que dans le Morbihan, et un marché particulièrement sensible en fin d’année, la lutte contre ces vols est devenue un enjeu national. L’exemple breton illustre ainsi la nécessité d’une vigilance accrue sur l’ensemble du littoral.
