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Enjeux et implications de la militarité de la gendarmerie : le directeur général devant la commission de la Défense (SOURCE : GENDinfo)

Mardi 25 janvier, la commission de la Défense a auditionné le général d’armée Christian Rodriguez, directeur général de la gendarmerie nationale, sur la question du modèle français de la gendarmerie.

Dans une présentation en trois temps, abordant successivement le modèle gendarmerie, le gendarme lui-même et l’approche missionnelle, le général d’armée Rodriguez a présenté aux députés l’esprit de la stratégie GEND 20.24 mise en œuvre depuis 2019, les nombreuses transformations, ainsi que les pistes de réflexion dans les différents domaines.

« Nos citoyens ont de légitimes attentes en matière de sécurité. Ils veulent des forces de l’ordre plus proches d’eux, qui protègent tout le monde et font respecter l’ordre républicain en tout temps, en tout lieu, tout en anticipant les menaces de demain. »

Dans le contexte actuel de crise permanente et hybride, de menace terroriste persistante, de haut niveau des violences, de fragilisation du lien social, de forte médiatisation et d’apparition de nouvelles menaces, « la militarité constitue un atout important pour la gendarmerie, pour remplir ses missions et répondre aux attentes de la population. » Une militarité à laquelle le président de la République a lui-même rappelé son attachement à l’occasion de ses vœux aux armées, « et qu’il nous appartient de préserver et de renforcer. C’est tout le sens de ma stratégie GEND 20.24. (…) La gendarmerie se transforme et s’adapte aux nouveaux défis, tout en densifiant ce qui fait sa force : sa militarité. »

Pour le DGGN, celle-ci s’entend au sens large, car « elle conditionne l’ensemble de la structure, les hommes, les missions et les moyens. Le modèle garantit la proximité, la disponibilité et la réactivité de la gendarmerie. » La vie en caserne, qui place le gendarme au cœur de la population et conforte son ancrage territorial, constitue l’un des piliers du système d’arme gendarmerie.

Les gendarmes : « un état d’esprit et des valeurs communes partagées »

Le DGGN s’est ensuite penché sur l’essence même du gendarme, « que nous souhaitons pétri de valeurs, qui protège tous les citoyens, en faisant l’effort sur les plus fragiles », soulignant la mise en œuvre d’une sécurité sur mesure à l’attention des victimes de violences intra-familiales, des personnes âgées, des élus, du jeune public, sans oublier l’opération « Répondre présent » pendant la crise sanitaire.

La clé de la réussite repose sur « un état d’esprit et des valeurs communes partagées », dont la formation, initiale comme continue, est la clé de voûte, garantissant « une force juste, exemplaire et transparente dans son action, à travers l’apprentissage de savoir-faire, mais surtout de savoir-être militaires : discipline, rigueur morale, loyauté, esprit de sacrifice et de corps. »

La gendarmerie conforte d’ailleurs sa militarité, notamment à travers la formation des PSIG par les régiments de l’armée de terre, une formation accentuée des chefs, mais également un travail sur la symbolique, amplifiant la cohésion et l’esprit de corps. À ce titre, la symbolique de la journée du 16 février évolue : tout en rendant hommage aux camarades décédés, elle sera aussi l’occasion de saluer nos héros du quotidien, ces gendarmes qui, chaque jour, font acte de bravoure au service de la population.

Aujourd’hui, c’est une logique du « pas-de-porte » que nous développons, c’est-à-dire « un gendarme qui ira vers l’usager, au moment et au lieu où la victime souhaite rencontrer le gendarme. » Rendu possible, ce mode d’action est d’ores et déjà expérimenté dans plusieurs départements, dans le cadre des violences intrafamiliales et des relations avec les élus.

Anticiper, planifier et

manœuvrer

Concernant l’approche missionnelle, le général Rodriguez a estimé que « chaque événement est important ou peut le devenir. (…) Les petites crises du quotidien doivent être abordées avec la même rigueur et selon les mêmes méthodes que les crises d’ampleur. Cela impose du drill, l’acquisition d’automatismes et un nécessaire rôle de régulation. »

Cette approche nécessite d’être « capable d’anticiper les facteurs d’adversité, de planifier des opérations et de manœuvrer sur la totalité du spectre. (…) Cela impose une complémentarité de l’ensemble des moyens de la gendarmerie, mis à disposition d’un chef unique, dont la montée en puissance doit être rapide en tout point du territoire. »

Elle nécessite aussi robustesse et résilience pour être en capacité de « tenir dans le temps et sur les terrains les plus difficiles », impliquant « un soutien intégré et une interopérabilité » au sein de la gendarmerie, mais également avec les armées, sur les théâtres d’opérations extérieures comme sur le territoire national, citant pour exemple la sécurisation du référendum en Nouvelle-Calédonie.

C’est l’esprit qui a guidé la profonde transformation du GIGN en 2021, de même que celle de la direction générale, au sein de laquelle a été créé le Centre national des opérations (CNO), ou encore la mise en place des Détachements d’intervention augmentée de la gendarmerie (DIAG), qui offrent la capacité de faire manœuvrer ensemble, et sous l’autorité d’un seul chef, blindés, GIGN, antennes GIGN, escadrons de gendarmerie mobile et forces aériennes de gendarmerie, dès lors que le niveau de violence requiert toutes ces compétences.

En termes d’opérations et d’emploi, le DGGN a souligné les capacités de projection opérationnelle de la gendarmerie sur l’ensemble du territoire national (métropole et outre-mer), comme à l’étranger, le renforcement de la formation tactique des chefs et la réforme du diplôme d’arme, qui comporte désormais une formation au combat délivrée par l’armée de Terre et sera dorénavant ouvert aux gendarmes des Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG).

Des réflexions sont également en cours sur la densification de la gendarmerie mobile à travers le durcissement de la formation et une meilleure prise en compte de l’instruction physique en gendarmerie départementale.

Enfin, le général Rodriguez a abordé l’importance de l’innovation, notamment en lien avec les armées, et celle d’investir les nouvelles frontières de la délinquance, que ce soit dans la dimension cyber ou environnementale, où la criminalité organisée s’installe.

« On va continuer à anticiper les enjeux et investir ces nouvelles frontières à travers notre démarche capacitaire », citant à ce titre le recrutement accru de scientifiques (à hauteur de 52 % en 2021 chez les officiers), l’organisation de l’événement AGIR, la création de ComCyberGend et l’objectif d’ici deux ans de 10 000 cyber enquêteurs, ou encore la création des antennes de l’OCLAESP… « La question que l’on doit se poser, c’est comment considère-t-on la gendarmerie dans 10 ans ? (…) Puis, à partir des présupposés et des conclusions que l’on tire des évolutions, tant sociétales que scientifiques, on définit un cap. »

Conclusion  

En conclusion de son propos le DGGN a insisté : « Ce n’est pas la mission qui est militaire, mais la façon dont elle est anticipée, planifiée, conduite et exécutée au moyen de militaires bien formés, d’un collectif soudé, doté de matériels innovants et adaptés au besoin. C’est aussi la façon dont on tire les enseignements par la culture du retour d’expérience et de la redevabilité. »

Source Gendinfo

Écrit par pandore

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