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L’hommage de Christian Rodrigez

attaque gendarmerie de Dieuze

Pour le directeur général de la gendarmerie nationale, “ces hommes sont allés au bout de leur engagement”

  • Présent ce lundi après-midi 28 décembre, à Ambert, pour rendre un dernier hommage aux trois gendarmes tués 6 jours plus tôt à Saint-Just, le général d’armée Christian Rodriguez, directeur général de la gendarmerie nationale, est revenu sur ce tragique événement.

La Montagne : Quel regard portez-vous sur ce drame ?

Général Rodriguez : L’émotion est forcément immense dans nos rangs et bien au-delà. Nous recevons des messages de soutien et de sympathie en nombre. Ils nous font chaud au cœur.

Nos trois camarades n’ont eu de cesse que d’accomplir leur mission : sauver cette dame et protéger le voisinage de cette folie meurtrière. Ils sont allés au bout de leur engagement et ont montré un courage extrême, comme chacun des gendarmes engagés cette nuit-là. Aucune intervention n’est anodine. Les gendarmes savent qu’ils peuvent à tout moment faire face à la violence extrême. En ce sens ce sont des héros du quotidien qui, de tous grades et de tous corps, donnent leur vie pour protéger les Français et la perdent pour que vive la République. Je m’incline devant leur sacrifice.

C’est aussi l’hommage de ce territoire auquel ils étaient tant attachés. Et je crois pouvoir dire que c’était une affection réciproque, tant la compagnie de gendarmerie d’Ambert fait un travail remarquable et dévoué. Car, où qu’il serve, le gendarme est un acteur permanent des territoires. Il y vit avec sa famille, côtoie les mêmes lieux de vie, commerces, associations… Ses enfants fréquentent les établissements scolaires et y construisent leur vie. Le gendarme assure alors avec abnégation ce rôle de régulateur social, dans un contexte où l’autorité qu’il symbolise peut cristalliser la colère, la détresse et les revendications d’une société qui s’interroge et se crispe.Alors si, aujourd’hui, le moment est au recueillement, nous devrons demain trouver les réponses aux questions que ce drame pose. A la fois, pour Cyrille, Rémi et Arno (les trois gendarmes décédés, NDLR), mais aussi pour tous ceux qui, chaque jour, gèrent ces situations d’apparence banale, mais qui ne le sont jamais. Ce sont notre culture de l’introspection, notre volonté permanente d’avancer et, bien sûr, les conclusions de l’enquête en cours qui nous permettront de tirer les enseignements de cette nuit funeste. Quand ils sont intervenus ce soir-là, rien ne préjugeait d’un tel drame, bien que l’information de la présence d’armes leur soit parvenue assez rapidement. Ils ont alors agi méthodiquement et très prudemment, mais avec la préoccupation permanente de porter secours car l’incendie de la bâtisse faisait rage. Ils ont fait face à la détermination de cet individu lourdement équipé et déterminé à tuer. Leur action héroïque a ainsi clairement permis d’entraver le périple meurtrier, en sauvant d’une mort certaine la compagne victime et en protégeant les voisins. Dans le respect de l’enquête, j’ai souhaité qu’une mission interne soit conduite dans les plus brefs délais pour comprendre chacun des ressorts de ce drame et que soit formulée toute proposition. Car ce qui m’importe avant tout, c’est comment faire pour que nous soyons toujours plus prêts face à ce genre de situation hors-norme.

SOURCE : LA MONTAGNE

Interview: Propos recueillis par Christian Lefèvre du journal LA MONTAGNE

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Écrit par pandore

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