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Toulouse. Violences : unis pour trancher dans le VIF

Avec le soutien des commerces, les gendarmes et le Sicoval ( la communauté d’agglomération du Sud-est Toulousain) viennent de lancer un dispositif innovant à destination des victimes et témoins de violences intrafamiliales (VIF).

Un visage rouge sang porte la trace d’une violente gifle. L’affichette apposée sur la devanture d’une centaine de commerces du territoire du Sicoval attire l’œil. Née pendant le confinement où les gendarmes, comme les policiers, ont observé une explosion des violences conjugales, l’idée suscite une adhésion massive.`

Book de survie

Derrière le comptoir de son tabac « Le Yogayo » à Donneville, dans le Lauragais, Stéphanie Cabot sort son « book de survie », à utiliser si une victime se manifeste. « J’ai dit oui tout de suite. Les clients nous font vivre, on se doit d’être là pour eux. C’est aussi ça être commerçant de proximité. Nous avons accepté d’être un magasin pilote pour aider ces victimes ».

L’adjudante Isabelle Nicolas et l’adjudant Éric Revol, basés à la brigade de Montgiscard, sont référents VIF ( violences intrafamiliales). Ces gendarmes travaillent au quotidien sur cette délicate problématique. « Les victimes, souvent, se sentent isolées et s’isolent. Elles ont du mal à venir nous voir, à dire les choses. Il faut les rassurer et qu’elles soient en confiance ».

Les commerçants orientent les victimes

Sans avoir à passer la porte de la gendarmerie, elles pourront discrètement, en achetant le pain ou en allant la pharmacie, prendre les renseignements. Un QR code présent sur l’affichette et rapide à flasher dirige vers une page du Sicoval très complète. « C’est une thématique malheureusement d’actualité, constate Olivier Capelle, vice-président du Sicoval et président du CISPD ( conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance). Ce ne sont pas les commerçants qui prennent en charge ces victimes. Ils les orientent. Nous travaillons aussi sur l’accueil des victimes avec un dispositif innovant, c’est-à-dire la prise en charge de nuitées d’hôtel et le transport en taxi, il a été utilisé onze fois depuis 2017 ».

Un dispositif a vocation à être pérenne

Les premiers commerces ciblés par les gendarmes sont ceux où les femmes sont le plus susceptibles de faire des confidences comme les coiffeurs, les ateliers de couture ou les instituts de beauté.

Le commandant Hemara, patron de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais, l’assure : « Ce dispositif, créé sous l’impulsion du général Plays et appuyé par le Sicoval, a vocation à être pérenne ».

Les gendarmes récompensés

Début septembre, à l’occasion de l’anniversaire du Grenelle des violences conjugales, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, a décerné le prix du confinement au groupement de gendarmerie de la Haute-Garonne. La cellule de « télé-contact de victimes de violences conjugales », lancée pendant le confinement et constituée de trois gendarmes, était chargée de contacter les victimes de violences intrafamiliales identifiées à l’occasion des interventions des brigades de gendarmerie. Pour remplir leur mission, les militaires de la cellule utilisaient un questionnaire spécifiquement établi par l’association France Victimes 31, mobilisée pour l’occasion. Cette cellule a pris attache avec 380 victimes de violences conjugales, agissant en complément des enquêtes traditionnelles menées par les brigades territoriales et des différents dispositifs de suivi mis en place au niveau départemental. À noter également une expérimentation unique en France lancée au début de l’année par la compagnie Toulouse Mirail: la Celvic (05 62.87 10 64). Il s’agit d’un guichet unique pour les victimes qui connaît un succès grandissant.

SOURCE : LADEPECHE.fr

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